Positif est la seule revue mensuelle de cinéma qui n’appartienne pas à un groupe de presse. Cette indépendance économique s’accorde avec une revue dont la liberté de ton, le refus des modes, la singularité de la vision critique ont fait la réputation. Refusant aussi bien l’élitisme et le populisme, ces deux tentations de la vie intellectuelle en France, Positif a su défendre dès leurs premiers films des cinéastes comme Tarkovski, Almodóvar, Resnais, Wenders, Angelopoulos, Kieslowski, WONG Kar-wai ou KITANO et revendiquer son goût pour le film d’horreur, la comédie italienne, la science-fiction, genres souvent méprisés il n’y a guère par la critique « sérieuse », sans oublier le meilleur du cinéma hollywoodien cycliquement remis en question.
De ses premières années provinciales (la revue est née à Lyon) puis de ses affinités avec le surréalisme (certains de ses collaborateurs appartenaient au Groupe), elle a retenu une double méfiance envers le parisianisme et la distinction entre art noble et art populaire, faisant son miel de ce qui lui plaisait moralement (la subversion) et esthétiquement.
Chaque sommaire s’articule sur des choix précis : quelques films et réalisateurs de l’actualité qui font la couverture et le corps du numéro, des rubriques permanentes (textes de personnalités, chantiers de réflexion, bloc-notes, comptes rendus de livres, de DVD et de festivals, cinéma retrouvé) et enfin un dossier copieux (un quart du numéro) consacré au présent et au passé du cinéma.
La qualité de ses entretiens approfondis et de ses analyses, la richesse de l’iconographie, la réputation de ses collaborateurs, sa recherche permanente du passé du 7e art, sa défense passionnée des œuvres novatrices ont donné un écho en France et en dehors des frontières à Positif, dont Variety, le célèbre hebdomadaire américain du show business, a pu dire dans son guide international qu’elle était « de loin, la meilleure revue de cinéma en Europe ».
Pour son cinquantième anniversaire (en 2002), les cinémathèques et les festivals du monde entier ont célébré Positif par des hommages et des rétrospectives : du Museum of Modern Art de New York au National Film Theatre de Londres, de la Cinémathèque royale de Belgique à celles de Suisse, d’Espagne et du Portugal, du Forum des images à la Cinémathèque française, du Festival de Cannes à celui de Venise.
Cette considération est un encouragement à poursuivre notre effort avec un nouvel éditeur dynamique et dans une époque où la presse et le cinéma de qualité rencontrent tant de difficultés.
La Rédaction |