POSITIF

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REVUE MENSUELLE DE CINÉMA

 
 

DOSSIER


Cecil B. DeMille


Sermons de celluloïd

Jean-Loup Bourget


Cecil B. DeMille en DVD

Pierre Berthomieu et Christian Viviani


Entretien avec James d’Arc

Un règne d’une longévité sans égale

Lorenzo Codelli


Joan the Woman

Un cœur sous une cuirasse

Sylvie Lindeperg


Les Damnés du cœur

Le gant ou la croix

Michael Henry


Sous le signe du western

Pascal Binétruy


On dirait le méchant de notre livre d’images

Originalité de Cecil B. DeMille

Pierre Berthomieu



ÉDITORIAL

“The International” ou “le world cinema”


L’Internationale ne se réfère pas, comme on pourrait le croire, à l’hymne révolutionnaire cher à Olivier Besancenot, mais au titre original du dernier film de Tom Tykwer, traduit assez platement en français par L’Enquête, et qui fit l’ouverture de la dernière Berlinale. Thriller politique, il s’en prend à la plus grande banque (fictive) de la planète, impliquée dans le blanchiment d’argent et dans des attentats terroristes. Tykwer (présenté souvent, on ne sait pourquoi, comme le chef de file d’un nouveau cinéma allemand) ne fait en réalité que marcher sur les traces de ses compatriotes Wolfgang Petersen (Air Force One) et Roland Emmerich (Independance Day), qui signent aux États-Unis des blockbusters insipides, quand ils ne sont pas réactionnaires, et que se voudraient d’entreprendre un Scorsese, un Eastwood, un Coppola ou un Tim Burton. Cinéastes mercenaires, ils sont très loin des modèles qu’ils prétendent imiter comme, dans le cas de Tykwer, La Mort dans la peau de Paul Greengrass ou Syriana de Stephen Gaghan.

Se met alors en place un world cinema aussi inodore qu’incolore, dont le mètre étalon est le bas de gamme hollywoodien Le temps n’est plus où les émigrés allemands fraîchement arrivés en Californie, Murnau avec L’Aurore, Fritz Lang avec Furie, impressionnaient les réalisateurs américains par l’audace de leurs avancées formelles ou l’implacable rigueur de leur témoignage.

Récemment, nos professionnels de la profession se sont félicités des chiffres des films français à l’international, qui n’ont jamais été aussi élevés depuis dix ans, avec plus de 77 millions de spectateurs hors Hexagone. Ce cocorico d’autosatisfaction, nous le devons pour l’essentiel (si l’on en croit l’hebdomadaire Le Film français) aux quatre plus grandes recettes de l’année 2008 engrangées dans le monde par des films de production française, qui, hormis Astérix aux jeux Olympiques (un motif d’espoir, comme on le sait, pour l’avenir de notre cinéma), sont tous réalisés en anglais, avec des acteurs anglo-saxons, sur le patron de l’action movie le plus décérébré : Babylon A.D. de Mathieu Kassovitz, Taken de Pierre Morel et Le Transporteur 3 d’Olivier Megaton. Comme l’affirme l’adage britannique, « If you can’t beat them, join them » (si vous ne pouvez pas les battre, joignez-vous à eux), et comme le prônait Gribouille : pour éviter la pluie, plongeons dans le fleuve.

Le sommaire de ce numéro propose d’utiles réflexions sur le devenir d’un art qui, de plus en plus, traverse les frontières. Quand Bertrand Tavernier va tourner en Louisiane Dans la brume électrique, il le fait en étant fidèle au roman d’origine, à l’esprit de l’Americana et à sa propre sensibilité ; le polar est filtré par les yeux d’un amateur de cinéma hollywoodien qui se livre à une variation nouvelle sur un genre codifié. John Woo, lui, signe un de ses plus beaux films, Les Trois Royaumes, en revenant à l’histoire et aux paysages de sa terre natale, la Chine, après quelques expériences, pas toujours concluantes, en Californie. Atom Egoyan, à la suite de son escapade américaine (La Vérité nue) retrouve avec Adoration son territoire préféré, labyrinthique et obsessionnel, celui de l’émigré dans une société multicommunautaire, le Canada. Quant à Stephen Frears, il a tourné en France, avec une bonne partie de capitaux français, une adaptation de Chéri qui impose avec éclat, comme Les Liaisons dangereuses, les conventions du Hollywood d’antan, celles de Lettre d’une inconnue d’Ophuls, d’après Zweig, de Gigi de Minnelli, d’après Colette (déjà), et de Guerre et Paix de Vidor, d’après Tolstoi, où des comédiens, dans la langue de Shakespeare, incarnent des personnages étrangers. On se retrouve très loin avec eux du world cinéma, et tout près de ce qui nous concerne, le style et la personnalité.

Michel Ciment

POSITIF 578 | Avril 2009



SOMMAIRE


ACTUALITÉ


Bertrand Tavernier

Dans la brume électrique


Blue Bayou

Franck Kausch


Entretien avec Bertrand Tavernier

Je croyais aux visions de Robicheaux

Élise Domenach et Philippe Rouyer


John Woo

Les Trois Royaumes


Les trois colombes

Lorenzo Codelli


De Red Cliff aux Trois Royaumes

Adrien Gombeaud


Entretien avec John Woo

Un lendemain meilleur

Adrien Gombeaud et Hubert Niogret


Stephen Frears

Chéri


La parenthèse enchantée

Franck Garbarz


Entretien avec Stephen Frears

Un équilibre entre la frivolité et la tragédie

Michel Ciment


Atom Egoyan

Adoration


Monstres et volutes

Eithne O’Neill


Entretien avec Atom Egoyan

Un univers de découvertes mais sans révélations

Michel Cieutat et Michel Ciment



Les films


Yella et Jerichow

de Christian Petzold

Élise Domenach


Katyn

d’Andrzej Wajda

Hubert Niogret


À l’aventure

de Jean-Claude Brisseau

Philippe Rouyer


Ponyo sur la falaise

de Hayao Miyazaki

Eithne O’Neill


Un été italien

de Michael Winterbottom

Jean A. Gili


Ne me libérez pas, je m’en charge

de Fabienne Godet

Vincent Thabourey


Let’s Make Money

d’Erwin Wagenhoffer

Matthieu Darras


Notes sur les films

de A à Z


Cartes postales de Léningrad, The Chaser, Coco, Country Teacher, Dollhouse, Duplicity, L’Enquête, Expérience africaine, Far North, La Fille du RER, Human Zoo, Je suis de Titov Veles, La Journée de la jupe, La Légende de Despereaux, Le Liseur, Loin de la terre brûlée, Nulle part terre promise, La Panthère rose 2, Pour un fils, Tokyo Sonata, Un chat un chat, Une famille brésilienne, Un si beau voyage, La Véritable Histoire du Chat botté, Villa Amalia, Watchmen, les gardiens, Wendy et Lucy



PRÉSENCES DU CINÉMA


Voix off

Souvenirs d’Audrey Hepburn

Hubert de Givenchy


Bloc-notes

Février en cinéma

Briser la vitre

Franck Kausch


Chantier de réflexion

Pourquoi tant d’histoire

Cinéma, Histoire et Critique

Pascal Binétruy


Berlin 2009

59e Berlinale

Catherine Axelrad, Jean-Loup Bourget et Eithne O’Neill


Notes festivalières

Angers 2009, Premiers Plans ;

Gérardmer 2009, XVIe festival du film fantastique


Notes de lecture

Abbas Kiarostami, le cinéma à l’épreuve du temps ;

On Kubrick ; Stanley Kubrick’s « 2001 : A Space Odyssey », New Essays ; México fotografiado por Luis Buñuel


Notre sélection DVD

Luis Buñuel

Hellzapoppin de H.C. Potter

Aki Kaurismäki, l’intégrale

Macadam à deux voies de Monte Hellman