POSITIF
POSITIF
REVUE MENSUELLE DE CINÉMA
DOSSIER
Le documentaire, avec ou sans scénario
Le synopsis documentaire, un abri de branchages
Les documentaristes prennent la plume
Lætitia Mikles
L’empreinte et la mémoire
L’écrit dans le documentaire
Guy Gauthier
Documentaire
Notes sur l’écrit et le filmé
Philippe Pilard
Entretien avec Claire Simon
Le documentaire renouvelle le travail sur le scénario
Élise Domenach et Lætitia Mikles
Scénario et documentaire,
la quadrature du cercle ?
Yann Tobin
Entretien avec Jean-Pierre Duret et Andrea Santana
Des images qui augmentent
Matthieu Darras
Écrire sa propre histoire
Documentaires indépendants aux États-Unis
Sylvie Thouard
Le scénario à la rescousse du documentaire animalier
Pascal Binétruy
ÉDITORIAL
Venise, Toronto : même combat ?
Il semble bien que la rivalité Venise-Toronto soit devenue, chaque mois de septembre, le nouveau marronnier des pages cinéma de la presse nationale et internationale. Cédons nous aussi, pour une fois, à l’évocation de ce face à face. Il est probable que cette lutte au couteau pour la sélection des films (Toronto suit la Mostra de quelques jours) sera accentuée avec l’ouverture, en 2010, dans la ville canadienne, d’un projet architectural pharaonique, The Bell Lightbox, qui permettra d’accueillir encore plus de films, tandis que Venise inaugurera au Lido son nouveau Palais du cinéma en 2011.
Les ambitions de ces deux manifestations sont néanmoins très différentes., Côté programmation, Toronto vise les spectateurs locaux, sevrés pendant l’année, comme leurs voisins américains, de films non anglophones, et, côté commercial, veut devenir une vitrine pour les sorties de films aux États-Unis, un grand marché où chacun vient faire ses courses et qui accueille déjà mille journalistes et trois mille professionnels. En projetant de trois cents à quatre cents films en dix jours (chiffre évidemment pléthorique, beaucoup d’entre eux ayant été présentés à Berlin, Cannes ou Venise), les organisateurs interdisent aux critiques (qui ne bénéficient que d’une projection de presse par film) de suivre sérieusement leur sélection, si sélection il y a. On s’interroge même sur la nécessité de leur présence, puisque dans les comptes rendus des quotidiens (du moins européens) on n’évoque à vrai dire que les événements médiatiques : la présence, cette année, de George Clooney, de Julianne Moore, de Dany Boon ou encore d’Oprah Winfrey, venue présenter Precious, déjà projeté en mai à la Quinzaine des réalisateurs. L’an dernier, le festival permettait un portrait des frères Weinstein ou d’évoquer les succès rencontrés par Mesrine ou The Wrestler, couronné à Venise par un Lion d’or. Hormis de très rares films nord-américains inédits, comme Chloé d’Atom Egoyan ou A Serious Man des frères Coen, aucune mention n’est faite dans nos gazettes d’une révélation notable ou de films de réalisateurs peu connus, venus du monde entier et au budget modeste. La véritable fonction d’un festival – outre ces visées touristiques et commerciales qui justifient les subventions publiques ou les aides privées – devrait pourtant demeurer cela : permettre à de nouveaux talents d’émerger grâce au soutien de la critique.
En supprimant toute compétition, en submergeant les spectateurs par un flot de films, Toronto consolide la loi de la jungle. Les films à gros budget publicitaire, la présence des stars, la douzaine de soirées de gala éclipsent nombre de films remarquables. On comprend que beaucoup de professionnels rêvent d’une extension de ce libéralisme sauvage (pas de prix, pas de concours) qui permet à l’argent d’aller à l’argent, en phase avec l’air du temps.
Venise, comme Cannes ou Berlin, est à l’inverse un contrepoids au Tout Marché et, en cela, rejoint le rôle de la critique. La Cité des douleurs, Vive l’amour, Still Life, en remportant sur le Lido un Lion d’or, ont fait reconnaître internationalement Hou Hsiao-hsien, Tsai Ming-liang et Jia Zhangke, tout comme Papa est en voyage d’affaires, Rosetta et 4 Mois, 3 semaines et 2 jours, en revenant de la Croisette avec une Palme d’or, ont imposé Emir Kusturica, les frères Dardenne et Cristian Mungiu. En rendant les films égaux entre eux le temps d’une programmation, ces festivals ont offert à de grands artistes les moyens de lutter contre les bulldozers promotionnels.
Nous savons (plusieurs enquêtes nous l’ont montré) que les comptes rendus de festivals ne sont pas la rubrique la plus populaire auprès de nos lecteurs. Nous avons pourtant tenu une fois de plus à consacrer une dizaine de pages à la Mostra vénitienne, car c’est bien là et en quelques autres lieux que l’on prend la température de la production mondiale. Les recensions de nos envoyés spéciaux au Lido, Lorenzo Codelli, Élise Domenach, Adrien Gombeaud, révèlent la variété et la richesse d’une sélection certes inégale et dont nous soulignons aussi les carences. Leurs commentaires critiques forment l’ensemble le plus complet qu’on puisse lire dans la presse française sur la 66e Mostra.
Michel Ciment.
POSITIF 585 | Novembre 2009

SOMMAIRE
L’ACTUALITÉ
Marco Bellocchio
Vincere
L’absence
Christian Viviani
Entretien avec Marco Bellocchio
Un antifascisme presque fou
Jean A. Gili
Alain Resnais
Les Herbes folles
La coïncidence perdue
Alain Masson
Entretien avec Alain Resnais
Acrobaties aériennes
François Thomas
Jean-Pierre Jeunet
Micmacs à tire-larigot
Mécanique de l’imaginaire
Pierre Eisenreich
Entretien avec Jean-Pierre Jeunet
Un film de récup
Adrien Gombeaud et Philippe Rouyer
Venise 2009
Venise, 66e Mostra
Michel Ciment, Lorenzo Codelli,
Élise Domenach, Adrien Gombeaud
Peter Greenaway
Les films
Rapt
de Lucas Belvaux
Vincent Thabourey
La République Marseille
de Denis Gheerbrant
Yannick Lemarié
L’Enfer
d’Henri-Georges Clouzot, Serge Bromberg, Ruxandra Medrea
Nicolas Bauche
L’Imaginarium du docteur Parnassus
de Terry Gilliam
Hubert Niogret
À l’origine
de Xavier Giannoli
Éric Derobert
Hadewijch
de Bruno Dumont
Eithne O’Neill
Hadewijch
Franck Garbarz
Notes sur les films de A à Z
Away We Go, The Box, Clones, La Grande Vie, In the Loop, Jennifer’s Body, Le jour où Dieu est parti en voyage, Julie & Julia, Navidad, Panda, petit panda, Le Petit Nicolas, Pierre et le loup, Rachel, La Religieuse portugaise, Rose et noir, 7 Minutes au paradis, Sin nombre, Ultimatum, Une affaire de nègres, Les Vies privées de Pippa Lee, Visage
PRÉSENCES
DU CINÉMA
Voix off
Pourquoi arrêter Polanski maintenant ?
Robert Harris
Bloc-notes
Septembre en cinéma
Certains l’aiment chaud… d’autres pas
Adrien Gombeaud
Chantier de réflexion
Les masques de Dieu
Des héritages du Magicien d’Oz
Pierre Berthomieu
Notes festivalières
Deauville 2009, cinéma américain
Lussas 2009, vingt ans après 1989
Notes de lecture
Alain Resnais, l’avventura dei linguaggi ;
Cinéma et Stratégies. Économie des interdépendances et L’Économie du cinéma ; Le Langage comique de Tex Avery ; Salue bien les copains
Notre sélection DVD
Orfeu Negro de Marcel Camus
Onze Fioretti de François d’Assise de Roberto Rossellini
Pier Paolo Pasolini
Salò ou les 120 journées de Sodome
Carnets de notes pour une Orestie africaine
Cinéma Cinémas
CINÉMA
RETROUVÉ
Film
La Rumeur
de William Wyler
Michel Cieutat