POSITIF

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REVUE MENSUELLE DE CINÉMA

 

DOSSIER

Cinéma et peinture


Du pittoresque au pictural

Alain Masson


Le monde n’est pas solide

Sur l’expressionnisme

Franck Kausch


La vie des morts ou l’image du portrait

Néguine Mathieux


Albert Lewin, la vie comme un tableau, sans repentir

Fabien Gaffez


Le Christ mort de Mantegna

dans un film de Zviaguintsev

Philippe Fraisse


Entretien avec Éric Rohmer

Le souvenir de la fi guration

Philippe Fauvel et Noël Herpe


Entretien avec Jean-Claude Carrière et Milos Forman

Sur Les Fantômes de Goya

Michel Ciment


Les 1 001 vies de l’orientalisme à l’écran

Florent Fourcart


Un déjeuner de soleil

Vincent Amiel


Le complot du tableau

La peinture dans le cinéma de Peter Greenaway

Eithne O’Neill


De Vincent à Vincente

Le rouge et le vert des passions humaines

Michael Henry


Les coloristes au cinéma

L’irréel du temps (un poisson rouge dans tout ce noir et blanc)

Jean-Christophe Ferrari




ÉDITORIAL

César, Oscar et la loi du milieu


Il y a quelques années, je vous avais raconté ma vie de sélectionneur pour le festival de Cannes (n° 555, mai 2007). Autre grand privilège que je dois au prestige d’écrire dans ces colonnes : animer la salle de presse de la cérémonie des César. C’est là qu’il y a les journalistes et les télés qui ne peuvent pas (ou ne veulent pas) être dans la grande salle du Châtelet ; ils peuvent poser les questions qu’ils veulent aux césarisés, c’est donc plus personnalisé, moins pleurnichard et moins remerciant que la Cérémonie. Harrison Ford est venu dire le bon souvenir qu’il avait gardé du tournage, en France, de Frantic (« Roman, Roman… J’aurais aimé que tu sois là ce soir ! »). Jacques Audiard, invité à commenter non seulement le triomphe d’Un prophète, mais aussi la double récompense de Tahar Rahim, élu meilleur jeune espoir et meilleur acteur à la fois, rappela à quel point cela rendait valide son envie de départ, comme il le disait dans ces pages : « [l’opportunité] de se servir du film de genre pour mettre une image  identifiée de cinéma sur des têtes qu’on ne connaissait pas ».

À cette avalanche de César répond l’avalanche d’Oscars qui a couronné, quelques semaines plus tard, Démineurs (Hurt Locker) de Kathryn Bigelow, au grand dam d’Avatar : même reconnaissance du film indépendant pointu, sans vedettes, à la mise en scène « coup de poing ». Même si Jacques Audiard est, depuis des années, le « chouchou » des César, c’est avec son film le plus radical qu’il ramasse la mise la plus forte, ses précédents ressortissant davantage de la catégorie des films dits « du milieu », selon la fameuse formule du club des 13 de Pascale Ferran : ni les méga-succès commerciaux ni les œuvres de recherche confidentielles, mais les films d’auteur à potentiel populaire, à « grand sujet », au casting « porteur », catégorie à laquelle appartiennent presque tous les concurrents malheureux d’Un prophète aux César (Welcome, À l’origine, Rapt, Le Concert, La Journée de la jupe, Le Dernier pour la route…).

Un récent article du New York Times rappelait que la course aux Oscars est un assez bon baromètre des tendances de « l’industrie » hollywoodienne ; le texte en question évoque la désaffection des producteurs (et des Oscars) pour ce que nous appelons les « films du milieu » : « Course aux Oscars : gros contre petit – Avatar et Démineurs caractéristiques des extrêmes, tandis que les financements des films du milieu se réduisent1. » Symptôme d’une profession en crise ? Un autre de ces symptômes pourrait être, à une échelle plus symbolique, le licenciement de trois critiques influents du périodique professionnel Variety, dont l’exemplaire Todd McCarthy, éternel défenseur du cinéma d’auteur auprès d’une industrie naguère plus avide de prestige cinéphilique.

Yann Tobin

1. A.O. Scott, « Oscar showdown : Big vs. Small – Avatar and Locker typify extremes as funds for midsize films slow », The Global Edition of the New York Times, 6-7 mars 2010.

POSITIF 590 | Avril 2010



SOMMAIRE


L’ACTUALITÉ



Tim Burton et Johnny Depp


Alice au pays des merveilles

Alice Brindacier

Jean-Loup Bourget


ohnny Depp dans

Edward aux mains d’argent

François Thomas


Paul Greengrass


Green Zone

La chute de Bagdad

Adrien Gombeaud


Entretien avec Paul Greengrass

Michel Ciment


Les films



Le Mariage à trois

de Jacques Doillon

Eithne O’Neill



Nénette

de Nicolas Philibert

Philippe Fraisse



Mammuth

de Benoît Delépine et Gustave Kervern

Nicolas Bauche



Les Invités de mon père

d’Anne Le Ny

Jean A. Gili



Dream

de Kim Ki-duk

Alain Masson



La Prima Linea

de Renato De Maria

Jean A. Gili




Notes sur les films de A à Z


Les Arrivants, Arropiero, le vagabond de la mort, Bad Lieutenant : escale à La Nouvelle-Orléans, Blanc comme neige, Bus Palladium, Les Chèvres du Pentagone, Chicas, La Comtesse, Les Convois de la

honte, Crossdresser, Domaine, 8 Fois debout, Mumu, Les Murmures du vent, My Own Love Song, Nord, Nuits d’ivresse printanière, Paisito, Pièce montée, La Révélation, Sans laisser de traces, Solutions locales pour un désordre global, Téhéran, Tête de Turc, Toutes les filles pleurent, Valvert




PRÉSENCES

DU CINÉMA


Voix off

Susanne

Rainer Werner Fassbinder


Bloc-notes

Février en cinéma et en DVD

Philippe Rouyer


Chantier de réflexion

Les chemins en Z d’Abbas Kiarostami

Ange Henri Pieraggi


Berlin 2010

60e Berlinale

Fabien Baumann et Éric Derobert


Notes festivalières

Angers 2010, Premiers Plans

Rotterdam 2010


Notes de lecture

Dictionnaire amoureux du cinéma ;

Journal d’un cinéphile ;

Karel Reisz ; Otto Preminger


Notre sélection DVD

Richard Fleischer

Samedi soir, dimanche matin de Karel Reisz



CINÉMA

RETROUVÉ


Michael Powell

Actualité de Michael Powell

Christian Viviani


Les Chaussons rouges

de Michael Powell

Jean-Christophe Ferrari


Julien Duvivier, ou l’illusion comique

Arthur Dreyfus et Philippe Fauvel


Karel Reisz, le déraciné

Fabien Gaffez


La Viaccia

de Mauro Bolognini

Jean A. Gili


Collection Hollywood Vintage