POSITIF

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REVUE MENSUELLE DE CINÉMA

 

DOSSIER

Le cinéma d’animation en France


L’Illusionniste

Le secret d’un détour

Pierre Eisenreich


Entretien avec Sylvain Chomet

De la chrysalide au papillon

Bernard Génin et Stéphane Goudet


Des décennies d’animation à Annecy

Michel Roudevitch


En long et en large

Alex Iberras


Le court métrage, vivier du cinéma d’animation

Bernard Génin


Coup de projecteur

sur quelques écoles d’animation en France

Carole Wrona


Entretien avec Michel Ocelot

La technique et la liberté

Bernard Génin


Le projet inabouti de Laloux et Colombat

Jean-Pierre Pagliano


DVD

Marius O’Galop - Robert Lortac

Patrick Bokanowski




ÉDITORIAL

VARIÉTÉ


Par sa variété même, cette livraison propose quelques-uns des axes autour desquels s’est constituée notre ligne éditoriale. Le dossier consacré à l’animation, à l’occasion du cinquantième anniversaire du festival d’Annecy dont nous sommes partenaires, rappelle que le 7e art bis a toujours été l’objet de notre attention. Le paradoxe est que l’animation, qui n’a jamais été aussi populaire dans le public, a été délaissée par la plupart des critiques généralistes. Pourtant, toute une génération, de Godard à Benayoun, de Bazin à Tailleur s’intéressait autant à McLaren, Trnka, Tex Avery ou Borowczyk qu’à Antonioni, Bergman ou Bresson. Aujourd’hui, nouvel avatar du communautarisme, ce domaine richissime est délaissé.

Une des vocations premières d’une revue est la découverte de nouveaux talents. George Ovashvili, avec L’Autre Rive, est de ceux-là et redonne de l’éclat au cinéma géorgien qui fut si grand, au moment où Otar Iosseliani, après plus de trente ans d’absence, est revenu dans son pays natal pour y tourner son nouveau film Chantrapas. Autre révélation, Brigitte Sy, dont Les Mains libres n’a été retenu par aucune des sections cannoises (pourtant encombrées d’œuvres discutables), ce qui laisse songeur sur le discernement des sélectionneurs. Cette œuvre intense et maîtrisée est sublimée par l’interprétation de Ronit Elkabetz, ce qui nous permet de revenir sur le talent de cette comédienne. Comme en témoignait notre dossier sur les acteurs (n° 591), l’importance des interprètes est en effet au cœur de notre réflexion sur le cinéma.

Au moment où le cinéma français, victime des sarcasmes récurrents de certains journalistes masochistes, prouve une fois de plus une vitalité unique en Europe : à découvrir bientôt les deuxièmes films talentueux de Marc Fitoussi (Copacabana) et de Michel Leclerc (Le Nom des gens), et le premier film, qui ne l’est pas moins, Les Petits Ruisseaux de Pascal Rabaté, il nous fallait aussi saluer le magistral Carlos d’Olivier Assayas – sans doute son plus grand accomplissement, ce qui prouve les vertus de la commande. Voilà un modèle de cinéma politique venant clore temporairement une réflexion sur le terrorisme qui remonte au début de la dernière décennie. Trois grands cinéastes, Volker Schlöndorff (Les Trois Vies de Rita Vogt), puis Marco Bellocchio (Buongiorno, notte) et enfin Koji Wakamatsu (United Red Army), avaient fait les comptes des mouvements violents situés à l’extrême gauche qui ensanglantaient leurs pays respectifs (Allemagne, Italie, Japon), tous trois curieusement berceaux du fascisme. Ces réalisateurs, qui eux-mêmes n’avaient pas été sans complaisance pour les groupes armés dans les années 70, dressaient un bilan sans ambiguïté de ces fourvoiements idéologiques. Il restera un jour à mieux comprendre la fascination qu’a exercée cette terreur aveugle, tuant tant d’innocents, auprès d’artistes comme Sartre (visite à Baader dans sa prison), Genet (Le Captif amoureux) et Godard (Ici et ailleurs), ces deux derniers exaltant le terrorisme palestinien alors qu’ils ignorèrent Gandhi qui triompha de l’impérialisme britannique par la non-violence.

Assayas, lui, appartient à une autre génération. Son regard est plus détaché. Déjà aux Cahiers du cinéma vers le milieu des années 70, il avait introduit une dissonance, orientant la revue vers des horizons plus variés et plus cinéphiliques, après la glaciation maoïste où le seul cinéma politique accepté était les films de la propagande de Pékin, les œuvres cryptiques de Straub ou les essais de Godard. Il est ironique qu’Assayas offre aujourd’hui un modèle de récit classique, avec un point de vue documenté, quand on sait combien furent insultés par une certaine tendance de la critique française les fictions de gauche – défendues alors dans ces colonnes, qu’elles soient l’œuvre du maître insurpassé du genre, Francesco Rosi (de Salvatore Giuliano à L’Affaire Mattei), ou de libéraux américains tels Pollack, Penn, Pakula, Coppola ou Stone.

Puisque nous évoquons le passé, il est de nouveau présent comme chaque mois avec des regards neufs sur Bellocchio et Max Ophuls, Wojciech Has et Mulligan.


Michel Ciment

POSITIF 592 | Juin 2010


SOMMAIRE


L’ACTUALITÉ


Olivier Assayas


Carlos

Commandante abandonné

Nicolas Bauche


Entretien avec Olivier Assayas

Une entreprise hors normes

Philippe Rouyer et Yann Tobin


George Ovashvili


L’Autre Rive

Le regard louche

Alain Masson


Entretien avec George Ovashvili

Les yeux de Tedo

Lætitia Mikles


Ronit Elkabetz


Les Mains libres

L’amour d’une femme

Jean A. Gili


Entretien avec Ronit Elkabetz

Mes films sont des chuchotements et des cris

Franck Garbarz


Les films


Les Petits Ruisseaux

de Pascal Rabaté

Fabien Baumann


Robin des Bois

de Ridley Scott

Jean-Loup Bourget


Le Neuvième Jour

de Volker Schlöndorff

Eithne O’Neill


Puzzle

de Natalia Smirnoff

Vincent Thabourey


Notes sur les films de A à Z


Aisheen (chroniques de Gaza), Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, Ça commence par la fin, Camping 2, Le Choc des Titans, Dragons, 8th Wonderland, Estômago, Eyes of War, Iron Man 2, Je voudrais aimer personne, Lenny & the Kids, Les Mains en l’air, Mourir comme un homme, My Name Is Khan, Où vas-tu Moshé ?, Rabia, Salamandra, une enfance de Patagonie, Salle n° 6 Tchekhov, Les Secrets, Sweet Valentine, When You’re Strange, The World Is Big



PRÉSENCES

DU CINÉMA


Voix off


Sur La dolce vita

Paolo Sorrentino


Bloc-notes


Avril en cinéma

Paris-Dublin

Eithne O’Neill


Chantier de réflexion


Réflexions sur l’âge classique hollywoodien

Christian Viviani


George Clooney


George Clooney ou le charme de l’inanité

Michel Cieutat


Exposition


Tournages

La lanterne magique

Jean-Loup Bourget


Filmer les camps

Les professionnels

Ophir Levy


Le bac à sable de Kitano

Adrien Gombeaud


Notes festivalières


Beaune 2010, festival du film policier

Fribourg, 24e édition


Notes de lecture


Joseph L. Mankiewicz et son double ;

Les Morts à leur place, journal d’un tournage ;

Le Cinéma graphique


Notre sélection DVD


Kon Ichikawa

L’Œuf du serpent d’Ingmar Bergman


Pietro Germi

Jacques Rozier


Un prophète de Jacques Audiard

Les Visiteurs d’Elia Kazan



CINÉMA

RETROUVÉ


Robert Mulligan


Robert Mulligan, des ombres à la lumière

Jean-Pierre Coursodon


Du silence et des ombres

Laissez chanter l’oiseau moqueur

Jean-Dominique Nuttens



Les Désemparés

de Max Ophuls

Jean-Pierre Berthomé


Les Poings dans les poches

de Marco Bellocchio

Yannick Lemarié


Le Panoptique de Wojciech J. Has

Yannick Lemarié


Pour des raisons techniques, le numéro de juin sera disponible, autant pour nos abonnés qu’à la vente, avec une dizaine de jours de retard.

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80 cinéastes vus par Positif & Nicolas Guérin

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